Vincent Delaval Vincent Delaval Art-thérapeute · RNCP Mobilité sur axe Lille Métropole ↔ 
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Art-thérapie
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L'art-thérapie pluriexpressionnelle, en détail

Je pratique l'Art-Thérapie Pluriexpressionnelle (ATPE), une méthode créée par Colette Larcanché. Le principe est simple : je ne mobilise pas un langage artistique figé, mais une palette (plastique, sonore, corporel, narratif, photo) qui s'articule selon l'histoire et les besoins de chacun.

La médiation ne s'impose pas ; elle s'ajuste. Elle vient s'appuyer sur ce que le bénéficiaire peut déployer ici et maintenant, sans rien forcer. En institution, cette approche vient compléter le travail d’équipe : elle offre une porte d'entrée supplémentaire vers l'élaboration psychique, en toute cohérence avec le cadre thérapeutique et éducatif déjà en place.

De larges publics, grâce à la pluriexpressionnalité

Précisément parce qu'elle combine plusieurs langages plutôt qu'une seule discipline, la méthode pluriexpressionnelle peut s'adresser à des publics très variés, à tout âge et quel que soit le parcours de vie. Dans ma pratique, j'interviens plus particulièrement dans deux secteurs :

Santé mentaleAdultes et adolescentsCMP, CATTP, hôpitaux de jour, cliniques psychiatriques, addictologie
Situation de handicapAdultesIME, IMPro, ITEP, SESSAD, ESAT, foyer de vie, FAM, MAS
Le parcours

De l'évaluation à la séance

1 · Avant l'atelier

Le bilan expressionnel, point de départ

Aucun accompagnement ne commence sans évaluation. Le bilan expressionnel (BE) est l'outil d'évaluation propre à la méthode ATPE (Colette Larcanché) : il permet de poser une indication, d'entériner ou non la demande et d'entrevoir les médiations et objectifs les plus justes — avant la première séance de travail.

  1. 1Connaissance préalable — recueil d'informations à partir du dossier (anamnèse, comptes-rendus, réunions cliniques).
  2. 2Entretien (15–20 min) — recueil du vécu et de la demande, présentation des étapes du bilan, point de départ sensoriel.
  3. 3Découverte & écoute — séance de découverte des médiums (regroupés en pôles de médias) puis test d'écoute musicale (10 extraits), pour cerner affinités et réceptivité, grilles de cotation à l'appui.
  4. 4Le bilan — synthèse débouchant sur une recommandation, consignée dans une fiche individualisée présentée en réunion clinique.
  5. 5Séances complémentaires — étape facultative, étudiée au cas par cas.

Le bilan expressionnel aboutit à des objectifs et des modalités de prise en charge partagés avec l'équipe pluridisciplinaire.

2 · En séance

Le déroulé en 4 temps

Une fois l'indication posée, chaque séance suit une trame issue de la méthode pluriexpressionnelle — du ressenti intérieur jusqu'à la mise en mots. Le cadre d'intervention (format, fréquence, espace requis) est détaillé sur la page L'essentiel →.

1

Temps d'intériorité

Avant de créer, se relier à ses ressentis corporels et se rendre disponible — relaxation, visualisation, ancrage.

2

La création partagée

Le mouvement va de l'intérieur vers l'extérieur : sensations et images se mettent en forme dans le médium, conscient et inconscient se relient.

3

Le dialogue avec l'œuvre

Face à la production, la personne s'approprie son œuvre et, dans le même geste, s'en détache. L'œuvre devient un miroir à distance.

4

Le temps de partage

Un échange verbal sur le vécu de la séance. Mettre des mots prolonge le travail de symbolisation amorcé par la création.

Aller au fond des choses

La démarche clinique, en détail

Ce qui rend la création thérapeutique — pour qui souhaite comprendre le fond de la démarche.

« L'art-thérapie est l'art de se projeter dans une œuvre comme message énigmatique en mouvement et de travailler sur cette œuvre pour travailler sur soi-même. »

Jean-Pierre Klein — psychiatre, fondateur de l'INECAT

On ne sait pas à l'avance où mène une création — et c'est précisément cette part d'imprévu qui la rend thérapeutique. Mon rôle n'est pas de diriger ce chemin, mais d'en sécuriser le cadre et de le rendre lisible pour l'équipe.

Le processus créateur en trois temps

Là où le déroulé décrit ce qui se passe en séance, ces trois temps en expliquent le ressort — ce n'est pas l'œuvre qui compte, mais ce qui se passe en la faisant, et après.

1

La production

L'acte de faire. Le bénéficiaire entre en contact avec la matière, l'instrument ou le mouvement. Ce moment d'engagement corporel et sensoriel contourne les défenses verbales et ouvre un espace d'expression directe.

2

Le médium comme tiers — la stratégie du détour

La production devient un partenaire actif de la relation : bénéficiaire, thérapeute, médium forment un triangle en circulation permanente — ce que Jean-Pierre Klein appelle la triangulation. Le bénéficiaire travaille sur l'œuvre pour travailler sur lui-même, une distance protectrice qui libère là où la parole directe bute.

Le thérapeute, lui, n'interprète pas l'œuvre : il l'accueille sans jugement esthétique et soutient le parcours sans l'interrompre.

3

Le ressenti — se recréer soi-même

Un temps d'échange sur le vécu de la création : ce qui a surpris, gêné, soulagé. C'est ici que le processus créatif devient thérapeutique — quand le bénéficiaire passe d'un état de sidération à un état de création, et devient auteur de son propre récit.

Une question sur la méthode ou le cadre ?

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